Préchauffage, sortie annulée et la difficile sélection scolaire

 Je pense que je pourrais écrire des pages entières de rant sur le réchauffement climatique, l’inaction des uns et des autres, l’accueil dangereusement positif d’une large part de mes connaissances face à ce genre d’événement (ceci expliquant cela finalement). Mais il faut admettre qu’une série d’au moins une semaine, dans le meilleur des cas (j’écris ça en plein cœur du phénomène), de températures dépassant allégrement les trente degrés fin mai, c’est tout simplement du jamais vu. La plupart des météorologistes reconnaissent être désemparés et ne pas disposer des modèles permettant de prédire l’évolution sur plusieurs jours.


Au-delà du fait que j’ai toujours été un amoureux de l’automne et de l’hiver, que je considère être les « belles » saisons, j’ai surtout conscience que quelque chose ne tourne pas rond et que notre rôle là-dedans est indéniable. 

On souffre en silence.


26 mai

Quand une randonnée tourne à la sortie rafraîchissante. Dans le contexte que je mentionne au-dessus, nous avions une escapade prévue de longue date avec toute l’école et qui a été naturellement annulée. Marcher, même juste neuf kilomètres, sous un soleil de plomb, avec peu de zones d’ombre et avec des élèves pas toujours correctement équipés pour se protéger efficacement, ça aurait été dangereux et inconscient.

Donc, nous avons opéré un repli sur une sortie dans un parc, à l’ombre des arbres, avec certes une ambition pédagogique réduite, mais pas nulle. Si ça n’a pas été de tout repos quand même, et malgré la disparition du piano de plein air d’habitude laissé en libre accès (j’avais tout prévu pour mener une petite séance de répétition de chorale en m’accompagnant avec), ça a été une journée très agréable et pleine de ces moments uniques avec les élèves et les collègues que le cadre parfois rigide de l’école ne permet pas.

29 mai

C’est lourd et poisseux. L’atmosphère est presque suffocante. Le monde a deux mois d’avance. Le thermomètre m’obnubile. Les nuits sont inconfortables. Et pourtant, la lumière est belle.

Ça y est, Gael a passé son entretien pour l’école Boulle. Il s’est plutôt bien déroulé, selon lui et, si ce qu’il m’en a rapporté est correct, je dois admettre qu’il semble avoir réussi  à rester humble, mais en maîtrise de ses savoirs et compétences. Maintenant, on parle de soixante-dix entrevues pour douze places, ce qui représente un taux de réussite de 17 %, ce qui est plutôt serré.

Quand je repense à sa scolarité chaotique, je mesure le chemin parcouru et je ressens une immense fierté. Je doute pouvoir m’attribuer un quelconque crédit pour cela, si ce n’est d’avoir été un père aimant et à l’écoute.

J'ai souvent à l’image en tête que j’avais vue lors d’une exposition à Marseille il y a plus de vingt ans, qui s’appelait « Portraits dansés ». Il y était question de construire des chorégraphies à partir de gestes simples proposés par des gens lambda sur des thèmes variés. Et notamment celui de la parentalité pour lequel un homme d’âge mûr (enfin de mon âge actuel finalement…)  avait esquissé un mouvement ample vers l’extérieur, montrant la voie et invitant à partir. Cette image a toujours résonné en moi comme une évidence. Élever un enfant, c’est, selon moi, le préparer au mieux à partir, à être autonome et surtout, surtout, ne pas dépendre de ses parents. Et ce geste le symbolisait merveilleusement bien tant il était rempli d’amour de bienveillance, parce qu’il s’agit bien d’accompagner et d’armer (que j’abhorre ce mot, comme si on préparait nos enfants à la guerre, même si… bref) au mieux pour qu’ils soient en mesure de se débrouiller et de vivre leur vie le plus sereinement possible.

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