2003, filiation célébrée et du repos contraint

 20 juin

Départ à 6 h 30 du matin pour échapper aux rayons ardents et à l’accablante chaleur qui nous attend. Nous entrons de plain-pied dans la science-fiction la plus flippante à mes yeux. Après un épisode caniculaire qui nous a saisis et surpris fin mai, quelques jours de répit où tout le monde se plaignait du froid (j’en pleure encore de rire), nous sommes repartis pour une vague encore plus intense que la dernière. Les météorologistes parlent d’une durée et d’une intensité supérieure à la fameuse canicule de 2003 de triste mémoire (mais dont on n’a pas tiré à peu près aucun enseignement, allez, je suis mauvaise langue : des clims ont été installées dans certaines pièces d’EHPAD et on a un numéro vert). D’après les modèles les plus récents, ils ne peuvent pas prédire la fin de l’épisode, probablement pas avant juillet, donc au moins dix jours d’un truc complètement fou avec des températures ayant déjà atteint 34 °C ces derniers jours, mais dont on nous promet qu’elles atteindront 38 °C, voire 40 °C lundi et mardi prochain. 

Je ne dis pas que j’ai quitté Aix-en-Provence en 2011 parce que j’avais trop chaud, mais mes années là-bas m’ont marqué sur cet aspect, quand on sait qu’à partir de 25 °C, je commence à souffrir et à ne plus rien supporter. Même si j’avais conscience qu’on se dirigeait lentement vers un réchauffement inéluctable, je n’aurais jamais pensé qu’après quinze ans, je vivrais à Reims des températures supérieures à celles que de Provence.

Mais je crois que ce qui me met le plus en colère, c’est l’incapacité meurtrière et organisée de notre administration, qui est incapable d’anticiper et de réagir correctement à des phénomènes de cette ampleur. Nous sommes à deux jours du (premier ?) pic qui va très certainement constituer un précédent historique, et aucune nouvelle d’un quelconque aménagement, ou même de consignes de fermeture, pour chez nous (apparemment dans les Ardennes, ils ont un peu plus de deux neurones connectés : ils ferment certaines écoles pendant deux jours). On va laisser les enfants et leurs enseignants s’entasser dans des bâtiments obsolètes, avec des consignes contradictoires et des guerres d’ego mal placées qui court-circuitent les quelques actions de bon sens (que je n’aime pas cette expression pourtant, avec tous ses présupposés et sa géométrie variable, mais faute de mieux…).

On organise, en conscience pour certains, la fin de notre habitat depuis au moins cinquante ans et on reste là, les bras ballants, à regarder la catastrophe se dérouler sous nos yeux.



21 juin

Le cerveau est liquide, le corps est liquide. C’est le brouillard permanent. Les nuits courtes trouvent encore de quoi se réparer dans les siestes écrasantes, dont on se relève hagard.

La Fête des Pères, c’est le moment de voir combien on a réussi à faire comprendre à son fils qui on est. Sur ce volet-là, c’est un gros succès, photo à l’appui :


Ce maxi-45T d’époque, même si ce n’est pas mon préféré, revêt une importance significative à mes yeux rien que pour sa face B et l’époque dont il est issu (l’ère Violator est une de mes préférées). C’est un grand merci.

22 juin

S’efforcer d’écrire, malgré l’esprit engourdi. Les pensées manquent de focus. Tout est un peu flou. Le temps est dilaté, comme si l’extrême chaleur provoquait les mêmes effets que la vitesse.

24 juin

Pas de course à pied aujourd’hui, sûrement pas ce week-end non plus. Il fait 24 °C dès 6 h du matin, les nuits ne sont clairement pas assez reposantes. Le genou n’aimerait sans doute pas cette combinaison, il est plus sage d’attendre. C’est tellement désagréable de courir dans ces conditions que je ne ressens même pas de frustration.

La canicule n’en peut plus de s’étirer, il va falloir attendre au mieux samedi ou dimanche prochain pour espérer respirer un peu la nuit, parce que les journées approcheraient encore les 30 °C la semaine prochaine. Mais déjà une nouvelle vague est « fortement probable » jusqu’à la mi-juillet. Des gens, des lieux, certains n’en ressortiront pas vivants. Et pourtant, on donne encore la parole à ces crétins en quête d’audience dérouler leur narratif relativiste et dans le déni total.


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