Couperet, le yo-yo de la douleur et la simulation égyptienne

 15 juin

Alors qu’on attendait une réponse jeudi, le verdict est tombé ce matin, sans crier gare : « votre candidature n’est pas retenue ». Sans autre forme de procès. Il ne reste plus que le maigre espoir d’une dernière école à Nevers, sinon ce sera année blanche pour mon fils. Et ça me fout les boules. Il va finir son DN MADe avec aisance et il risque malgré tout de se retrouver le bec dans l’eau l’année prochaine, c’est vraiment cruel. J’aurais été tellement fier de lui, peut-être me suis-je fait éblouir par le prestige. 

Verdict définitif jeudi. 

17 juin

En attendant demain, sa soutenance est terminée et il termine haut la main, son diplôme en poche. Pour tuer le temps et m’évader, j’ai ressorti mes synthés virtuels et repris l’arrangement d’un morceau que mon fils a écrit et (plus ou moins) composé il y a quelque temps. Alors qu’il est plutôt branché country à la Post Malone, je lui fais une proposition de mon cru, à savoir que de l’électronique. J’espère que ça lui plaira. En tout cas, moi, ça m’a bien amusé de replonger dans mes VST et dépoussiérer mon clavier-maître pour l’occasion.

Du côté de la course à pied, les dix kilomètres de dimanche dernier m’ont bien impacté physiquement et moralement. Après trois jours de retour de la douleur et du genou grippé, je me suis levé ce matin sans plus rien. L’occasion rêvée d’aller faire la petite sortie programmée (10 minutes de marche, 25 minutes de course à très faible allure et 10 minutes de retour au calme en marchant à nouveau, autant dire pas violent du tout) avant le retour des (trop) grosses chaleurs. Contre toute attente, j’ai l’impression que c’était la bonne chose à faire, car la journée se déroule sans gêne particulière et la séance ce matin s’est déroulée de façon très sereine. Comme toujours, verdict vendredi matin pour savoir si j’y retourne samedi.

J’ai un peu continué l’écriture de ce qui s’appelle « L’affranchi » même si mes recherches m’ont appris que les Égyptiens étaient loin d’être les esclavagistes qu’on s’imagine. Le titre devient donc plus que provisoire et il faudra le revoir une fois la nouvelle terminée. C’est assez plaisant d’écrire avec un contexte historique fort, car ça me conduit à interroger beaucoup de choses qui paraissent anodines. Je ne prétends pas produire un roman historique parce que, très vite, je vais intégrer des éléments surnaturels de mon cru. Mais cela dit, le cadre de départ est important et je pense qu’il faut le respecter un minimum si on ne veut pas avoir un résultat complètement incohérent et bancal.





18 juin

L’attente comme seule compagnie. L’écran consulté toutes les trois minutes. L’espoir qui le dispute au pessimisme. Difficile de se concentrer (ou sont-ce les 30 °C dans la classe ?).

Plus la journée avance et plus la noirceur l’emporte. A-t-il bien déposé sa candidature ? Ne l’ont-ils pas oublié ? Les admis ont-ils déjà été prévenus, laissant les autres avec réponse tardive ? Toutes les hypothèses les plus improbables se créent, s’annihilent, se chevauchent et je ne sais rien. De toute façon, je ne sais rien.

Le verdict est finalement tombé. Et j’étais loin d’imaginer un scénario aussi tordu. Gael a fini par appeler l’école pour savoir pourquoi la réponse ne venait pas. Elle a été envoyée par courrier papier mardi, et l’adresse qu’il avait fait figurer est celle de sa mère. Elle est donc rentrée précipitamment pour aller le chercher la précieuse lettre. Encore attendre. Ça sera finalement liste d’attente, rang 42, pour une formation qui prend huit étudiants. Autant dire que les chances sont maigres. La douche froide. Je suis dépité, en colère, inquiet. Je n’ai plus les mots pour l’instant.

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