58 jours, 10 jours et 2 jours
6 juillet
La douceur des premiers jours, la promesse de ceux à venir, tout n’est que potentialité et c’est là que réside la beauté de ce moment.
7 juillet
Je suis réellement content de l'avancée de ma prochaine nouvelle, celle qui porte pour l'instant le nom de "L'affranchi" alors qu'il n'y est pas du tout question de ça. Les scènes s'enchaînent assez naturellement et je suis surpris de la facilité avec laquelle les images et les situations me viennent. Ça doit bien faire deux ans que j'ai posé les premières briques de cette histoire, quand je m'étais mis en tête d'écrire un recueil de poèmes sur le thème des portes (projet avorté au bout de trois ou quatre sonnets, pas franchement inspirés).
Ça me rappelle d'ailleurs qu'à l'époque, j'avais fait appel à ChatGPT pour voir s'il était capable de compter les pieds, et j'avais d'abord été stupéfait par son incapacité à le faire correctement, mais surtout par l'aplomb avec lequel il assénait des comptages complètement farfelus. À chaque fois que je le reprenais pour lui indiquer là où il s'était trompé, il s'enfonçait dans d'autres erreurs, un naufrage à la fois abyssal et dérangeant à regarder.
8 juillet
Engloutissant le long ruban gris, nous cheminons vers notre destination de vacances. En point d’orgue de l’année scolaire, je redoute et chéris tout à la fois ce moment. Les préparatifs fastidieux et sources d’angoisse, me forcent à envisager la vie hors de chez moi, le casanier, l’ours dans son antre, je dois sortir de ma zone de confort. La route , fatiguante et toujours stressante, même si, comme un enfant, le pique-nique et les biscuits qu’on s’autorise pendant le voyage me réjouissent.
Une fois arrivés, je sais que le coup d’arrêt est total. Les journées au ralenti, les longues plages à lire, à discuter, à simplement penser, les balades en bord de mer, autant de réjouissances simples qui brisent la routine.
11 juillet
Ça semble être il y a une éternité mais à l’été 2024, nos vacances avaient été fortement impactées par une goutte froide qui avait eu la fâcheuse idée de se centrer sur la France en plein mois de juillet. De la pluie, des températures relativement fraîches mais finalement rien qui ne nous avait réellement empêché d’en profiter. On avait simplement modifié nos plans et faits d’autres choses, plus de balades, de culturel, moins de farniente au soleil (enfin à l’ombre me concernant).
Mais ce que je redoutais cette année est en train de se produire. Des journées à plus de 35°C, même en bord de mer, c’est selon moi invivable. Obligé de fuir toute activité aux heures les plus chaudes (selon moi de 8h à 23h tant même pour la Bretagne, on atteint des sommets), j’ai l’impression d’être en sous régime de vacances. Ne voulant pas passer pour ce que je ne veux pas être, j’ai bien conscience d’être encore au rang des chanceux, en bord de mer, dans un mobile home équipé d’une climatisation, salvatrice la nuit et parfois indispensable la journée. Je pense à ceux qui sont encore dans les grandes villes, à travailler en extérieur ou dans des intérieurs surchauffés.
La sortie semble se situer à deux jours d’ici, on va serrer les dents, penser à tout ce que nos gouvernants font pour limiter la casse (il faut bien rire quand même) et souhaiter qu’on n’oubliera pas, collectivement, à quoi se joue notre avenir : la dette, l’immigration, la sécurité, les bénéficiaires sociaux ou simplement survivre sur le seul bout de planète capable de nous accueillir dans tout l’univers connu ? Vous avez 4h (mais à mon avis, ça ne devrait prendre que quelques fractions de seconde chez toute personne avec deux neurones connectés).



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