Dépoussiérage, la migration et le lien vital
22 juillet
J’ai donc ressorti cette vieille nouvelle que j’avais commencé à l’époque de l’écriture du « Phare ». Elle est bien empoussiérée et, étant donné qu’il y avait un ton très particulier, ça fait des mois que je la repousse de peur de ne pas retrouver la même facilité pour écrire de cette façon. Cinq cents et des mots plus tard, je suis plutôt content de constater que j’y suis arrivé. Maintenant, j’avais un déroulé assez précis en tête, mais je sais que le plus délicat va être la montée en puissance qui est un peu tordue et que j’ai peur de rater.
23 juillet
Un mois sans jeu vidéo. Je consulte mon « Everyday Habit Tracker » et je vois que je n’en ai pas lancé un seul depuis le 21 juin. Je ne crois pas que ce ne soit jamais arrivé dans ma vie de « gamer ». C’est à la fois le symptôme d’une redescente violente après un très bon jeu (Pragmata), mais c’est aussi la suite logique d’un mouvement opéré l’année dernière. À savoir, la migration du monde PC depuis le début des années 90, à celui d’Apple en mars 2025. Las des frasques de Windows, de la course à la puissance permanente (et en ça, je me félicite d’avoir eu le nez creux avant la vague d’augmentations imposées par la RAMpocalypse et la bulle IA qui n’en finit pas d’enfler), et des bugs insolubles à répétition, j’ai fait le choix d’un environnement qui me paraissait plus stable et plus répondre à mes besoins actuels. Je savais que je risquais de me couper de certains jeux, entre ceux impossibles de faire tourner sur macOS (ou sur un MacMini M4 un peu léger) et ceux que GeForce Now ne propose pas (coucou Homeworld, Horizon Zero Dawn/Forbidden West). Mais c’est un choix qui, finalement, ne m’a que peu impacté.
24 juillet
Le spectre de l’âge qui érode la machine humaine, inéluctablement, implacablement, a montré son visage hier soir. On envisage ses parents comme une présence immuable, un acquis dont on ne peut se défaire. Et puis l’image se fissure parfois, par à-coups. Certaines fois, ce sont des petits détails, et d’autres fois, des reculades plus marquées. Celles de l’esprit, déjà, la raideur du raisonnement, l’étroitesse imparable du champ de vision qui s’impose. Et le plus souvent, celles du corps, l’activité réduite, contrainte, la mobilité chancelante, les pathologies qui s’accumulent, sans espoir de réelle amélioration. À chaque fois, pas forcément quelque chose de très grave, mais ça plus ça, plus ça. Et je revois ma place d’enfant là-dedans, si petit, tenant la main de ses parents comme un ancrage indispensable. Si je me considère comme indépendant et autonome aujourd’hui, dans ces moments-là, je me revois tout ce que je leur dois. Non pas comme une dette dont il faudrait se soulager, mais toute la gratitude que je dois exprimer, leur exprimer. Parce que, que ce soit avec eux ou contre eux que je me suis formé, dans tous les cas, c’est grâce à eux.
26 juillet
Être & Pouvoir qui passe de 3000 à 6400 mots en quelques jours, c’est un signe. La montée en puissance se déroule plutôt bien, ou du moins selon le plan établi. Je place quelques indices de la bascule qui attend le lecteur pour le moment, en essayant d’être le plus subtil possible. C’est d’ailleurs marrant comme je commence à penser en termes de lore étendu. Je m’explique. Jusque-là, mes écrits étaient déconnectés entre eux, une histoire, un monde. Et plus j’écris et plus j’ai envie, de manière consciente ou non, de laisser entendre qu’il s’agit du même monde, que des choses sont liées, sans forcément que tout soit exagérément cohérent ou explicable. La présence du cristal brantonien dans La Machine était le premier détail de ce genre. Ce n’est pas grand-chose, mais ça a le mérite de me faire plaisir.



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