Doublé perdant, écriture désinhibée et soulagement

 14 juillet

Étant donné que le genou commençait à mieux aller, il a fallu que le périoste gauche fasse des siennes. Mon kinésithérapeute a bien ri : « Il va me faire tous les trucs des coureurs ! » D’ailleurs, il est plus que probable que les deux pathologies soient liées, une mauvaise posture de compensation venant fatiguer et irriter le périoste gauche.

Alors, les sorties le long du GR34 ont cette année un petit arrière-goût amer. Elles sont surtout plus courtes et moins intenses, mais est-ce finalement un mal. Quand je regarde les années précédentes, je sortais systématiquement dix ou douze kilomètres, provoquant pas mal de fatigue et élevant les risques de blessure. Mais j’y crois toujours et je n’exclus pas d’être prêt pour le semi-marathon en octobre. 



Après la découverte d’Alastair Reynolds au printemps, j’avais été soufflé par sa prose limpide et pourtant complexe, maniant les concepts classiques de la science-fiction avec une aisance et une cohérence qui force le respect. Je viens de me lancer dans la série qui l’a rendu célèbre : la saga des inhibiteurs. Et à nouveau je suis impressionné par la maestria avec laquelle il tisse et crée son monde. C’est riche, dense, avec de nouveaux mots et concepts par dizaines et, pourtant, ça reste digeste.

Le récit commence de manière chorale, c’est assez classique, mais très bien mené. C’est quand je me suis aperçu que les différents chapitres étaient annotés de dates éparses que le vertige m’a saisi. Il a réussi, du moins pour le moment, car je n’ai pas terminé le livre, à imbriquer les personnages à des époques différentes, les reliant habilement avec des astuces propres à la science-fiction (voyage en cryosomnie, longévité humaine accrue, etc.)

Le tout arrive à rester captivant et à ménager un suspens qui nous pousse à vouloir avancer en permanence. Alors, le (très modeste) écrivain que je suis ne se contente plus de lire une telle construction passivement, mais je me demande comment il procède. Part-il d’un canevas, d’un plan préétabli et écrit-il sur cette base dans l’ordre de lecture ? Ou bien, ce qui me paraît encore plus complexe, écrit-il tout de manière chronologique pour ensuite tout ciseler finement et réorganiser le texte pour instiller son poison petit à petit ?

J’ai spontanément choisi la première solution pour l’écriture du Phare, un plan des grandes parties à différentes époques à partir d’une chronologie rédigée à part (qui s’étend bien au-delà de l’histoire racontée par le roman afin d’asseoir une certaine cohérence sous-jacente, et peut-être permettre à ce monde d’exister dans mon esprit). Mais qui suis-je pour me comparer à lui ?



C’est déjà la troisième fois que je vis ce soulagement en un mois et demi. La fin de l’accablement, l’impression d’être soulagé d’un poids de vingt ou trente kilos qu’on portait depuis des jours sans s’en rendre compte. Et pourtant, déjà, le spectre d’une quatrième fois se dessine dans les futurs possibles. Un cauchemar sans fin.

19 juillet

On devrait y échapper cette fois-ci. Un répit de plusieurs semaines au moins.



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