La surprise, le feuilleton sportif et moitié de parcours
1er août
Encore un mois qui file. Trente et un jours. Le plus chaud jamais connu depuis qu’on enregistre ces choses. On se rapproche de septembre quoi qu’il en soit, à la fois attendu et redouté. Et ce sentiment permanent que tout s’accélère. J’en viens parfois à m’empêcher de trop anticiper les choses, dans un vain espoir de ralentir le temps. Je me demande par moments si ce n’est pas dans cette fausse frénésie accélératrice que se nichent les oublis, les erreurs, qui se multiplient avec l’âge — au-delà de l’inévitable dégénérescence dont nous sommes tous victimes.
Le genou et le périoste, les deux facettes d’un même problème. Quand j’ai parfois l’impression d’en voir le bout, ça repart de l’autre côté. Je monte doucement en volume, mais je reste encore bien loin de mes performances d’avant septembre dernier. C’est régulièrement décourageant, mais je me suis quand même inscrit au semi-marathon d’octobre, histoire de me donner un objectif concret.
Plus de onze mille mots. La plus longue nouvelle que j’ai écrite. D’habitude, je mets l’objectif de Scrivener à cinq mille, plutôt comme un repère visuel, en haut de la fenêtre. Je ne pensais vraiment pas avoir autant de choses à raconter. Je comprends mieux pourquoi je l’ai repoussée si longtemps finalement.
3 août
Capter l’attention. C’est le principal moteur des plateformes de streaming. Et il faut admettre que la plupart du temps, elles y arrivent, en nous abreuvant de séries, plus ou moins bonnes, mais en permanence. On est noyés sous un flot continu de nouveautés, d’injonctions. Alors, cet été, j’ai volontairement décidé de faire un pas de côté. J’ai laissé de côté des séries qu’il « faut absolument voir » pour rattraper (une autre forme d’injonction ?) mon retard cinématographique. Alors, j’enchaîne les films, des vieux, des récents, des nuls, des bons. Et chaque fois, j’ai l’impression de voir des propositions autrement plus riches et originales que le moyen mou que nous proposent les séries. Je ne dis pas que certaines séries ne sortent pas du lot, mais trop, c’est trop. Avec son format qui impose une construction un peu toujours identique, on finit par s’endormir devant un chemin trop balisé.
Je crois que je viens de mettre un point final à Être & Pouvoir. Enfin, son premier jet, parce que je vais forcément rentrer dans cette phase, parfois douloureuse, de relecture et d’inévitables corrections. Mais l’histoire est bouclée, je ne suis pas entièrement satisfait de la manière dont j’ai conclu ça, mais je savais que ce serait difficile à mettre en mots. La relecture va m’aider. Et je compte aussi sur ma première relectrice pour m’aiguiller un peu.
4 août
Je réalise que la bascule maudite a eu lieu. Et ça me chagrine. Je vois midi à ma porte, j’en ai conscience. Est-ce que je dois m’en excuser ? Alors qu’en réalité, je souhaite cette liberté à tout le monde.



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