L'abandon, la construction et l'inévitable conclusion

 5 août

Quand je vois que, ce matin, après seulement trente-cinq minutes de course (à une allure encore très moyenne pour le dire gentiment), j’étais épuisé, je m’inquiète un peu pour le semi-marathon début octobre. Il reste encore beaucoup d’étapes à franchir et les douleurs ne se décidant pas à me laisser tranquille, ma progression est sans cesse repoussée. Ça tourne à l’obsession, chaque sortie, chaque pas, tout est scruté, analysé, alors que j’ai couru l’esprit complètement libre pendant de si nombreuses années. Quand j’avise l’origine de la blessure, l’ego et l’excès de confiance en soi, une seule fois, sur une seule sortie, c’est vraiment très cher payé. J’en suis à dix mois de convalescence et j’ai la tête qui explose à certains moments. Je me sens parfois découragé, j’envisage de complètement arrêter plutôt que de continuer à lutter (comme un collègue qui a subi la même blessure que moi, il est passé au vélo à 100 %). Et pourtant, je m’entête, je respecte scrupuleusement la progression prescrite. Je ne peux me résoudre à abandonner.

Le chemin de halage

6 août

La dernière nouvelle terminée, juste avant le retour de mes premiers lecteurs et les inévitables retouches et corrections qui s’en suivront, j’ai attaqué l’écriture d’une nouvelle histoire courte. Après avoir imaginé la civilisation brantonienne, et laissé échapper leur nom dans une autre nouvelle, j’ai décidé de creuser un peu plus leur histoire. À travers le journal de bord du capitaine d’un vaisseau empruntant les chemins quantiques, je veux raconter une aventure qui s’étalera sur des millions d’années, avec une portée « humaine » (oui, ce sont des Brantoniens techniquement) et cosmique. Je me rends compte pour l’instant que, même si je visualise mes petites créations, pour l’instant, ça pourrait être des humains comme vous et moi, ça ne changerait strictement rien du tout. 

Pour le moment, je suis un peu empêtré dans certains choix concernant les membres d’équipage, leurs noms un peu tordus qui ne facilitent pas la lecture et la mémorisation, et la justification de certains événements et leur relative cohérence scientifique pour que ça reste suffisamment plausible quand même.

7 août

Pourquoi doit-on toujours plus lutter contre soi à mesure qu’on vieillit ? Cette impression que l’esprit se raidit, qu’il faut redresser la barre pour éviter qu’il ne dérive à droite.

9 août

Deuxième séjour de l’été entamé. Retour en Bretagne, mais encore plus à l’ouest (coucou Tryphon), sûrement pour échapper à l’énième canicule de cet été de l’enfer. Une drôle de bâtisse au toit de chaume, construite dans le but d’accueillir des vacanciers, quatre parties identiques, nommées selon les tailles de navire (caravelle, frégate, corvette et vaisseau).

J’adore ce genre de coïncidences : précisément après avoir fait des recherches sur ce thème spécifique pour la nouvelle en cours. Alors bien sûr, ce ne sont des coïncidences que parce que j’y porte une attention particulière, deux occurrences, c’est assez léger.

11 août 

Celle-ci, je la pique sans honte : « ce n’est pas de l’écoanxiété, c’est de la lucidité »

Vélo, phare, galettes, que demander de plus ?

Le phare d’Eckmühl


Demain, la fameuse éclipse solaire que nous ne verrons que partiellement devrait se dérouler dans un ciel sans nuages. Après avoir raté celle de 1999 parce que j’avais eu la mauvaise idée de déménager à Aix-en-Provence, alors que j’attendais cet événement depuis mes quinze ans, je compte bien essayer de savourer le spectacle au maximum (avec une paire de lunettes pour deux, parce que l’impréparation, c’est un peu une spécialité française).

GR34


12 août

« The Summerhouse » de Divine Comedy déployait sa progression mélancolique et nostalgique hier soir. Et immanquablement, des souvenirs d’enfance émergent, les vacances d’août à Aix-les-Bains, les balades au mont Revard, les baignades dans le lac ou les jeux sur la longue promenade à côté du port. Ces années chéries, avec mes grands-parents qui donnaient un mois de leur temps à mes cousins et moi-même, sont inoubliables et pourtant semblent de plus en plus diffuses.

13 août

Le constat d’hier m’a amené à la seule conclusion logique possible. J'y songe de manière plus ou moins abstraite depuis déjà des mois. Mais à présent, c’est certain, je veux me lancer. Pas forcément pour être lu, ou pas de mon vivant. Pas forcément comme un ouvrage exhaustif et encore moins « objectif », mais simplement pour ce qu’il est et ce que son écriture va me procurer : un recueil de mes mémoires.

Je vois bien comment le mot en lui-même est pompeux et plein de prétention. Il n’y aura pas « d’angle », de propos sous-jacent, du moins rien de conscient. Rien qu’un catalogue, chronologique, des événements marquants et insignifiants de ma vie.

Comme un écho au vide de ce blog, mes réflexions, mon propre point de vue sur ma vie.

« Me, myself & I » comme dirait l’autre.

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