La résignation, la coupure et une nouvelle tentative

 24 août

Les jours s’égrènent lentement, pas assez lentement. Le spectre de la fin du cerveau libre s’annonce doucement. La surcharge permanente, la course après tout, tout le temps, l’impression que notre vie nous est volée. « Choisissez un travail que vous aimez et vous n’aurez pas à travailler un seul jour de votre vie. » Encore faudrait-il ne pas avoir été trompé sur la marchandise. Si le cœur du travail est conforme aux attentes, c’est tout l’assortiment de missions annexes, vides de sens, et simplement là pour justifier l’injustifiable, pour convaincre la hiérarchie qu’on fait ce qu’il faut. La ronde des sycophantes. Un des métiers les plus sociaux qu’on puisse imaginer, gangréné par la droitisation des esprits, l’égoïsme permanent, le rejet de l’idée même de solidarité. Jouer encore cette année la carte de l’isolement, à rebours de mes convictions, mais pour simplement me protéger, protéger mon travail et ma sérénité.

Le Cabaret vert, quand on lève les yeux

26 août

Nos vies connectées et la pression que cela fait peser sur la fiabilité du réseau pour maintenir les choses à flot, c’est un sujet que j’avais envie d’aborder depuis un petit moment. Voilà que le destin me force la main : coupure nette de la fibre hier matin à 7 h 15. Et là, aussi superficiel et idiot que ça puisse paraître, j’ai ressenti une sorte de vide. En pleine reprise du boulot, perdre son accès au cloud depuis l’ordinateur de bureau, c’est un peu la tuile. Le serveur Plex aux fraises, plus de cloud gaming, plus de télé (parce qu’en 2026, qui possède encore une antenne ?). Et là, on mesure à quel point on est un peu prisonnier de ces services. Alors certes, on peut toujours lire, écrire, jouer à des jeux de plateaux, même un acte aussi anodin qu’écouter de la musique devient pénible (en l’absence de platine vinyle fonctionnelle), mais il apparaît de manière flagrante combien la connexion à internet est devenue indispensable. Alors certes, on peut toujours faire du partage de connexion, mais, outre le fait que ça fait fondre la batterie du téléphone comme neige au soleil, les data sur celui-ci ne sont pas extensibles à l’infini non plus et surtout pas formatées pour un usage sur de plus grosses machines. La solution temporaire, en attendant une vraie réparation, c’est un « box 4G » qui, si elle permet de connecter tous les appareils, fournit quand même un débit pas très stable pour du streaming et je ne parle même pas d’autres activités de téléchargements plus lourdes (jeux, cloud gaming).

27 août

Je dois être victime d’une malédiction. À chaque fois que je démarre une nouvelle avec une vague idée de sa future longueur, je suis rattrapé par une profusion d’idées qu’il faut gérer, contenir, organiser, mais pour autant ne pas laisser de côté. Malgré tout je vois plusieurs pistes de réponses à cette question : pourquoi présager la longueur d’une histoire ? Et si je le fais, est-ce que je me donne les moyens de parvenir à tenir mon objectif ? (non) Ce n’est effectivement pas grave en soi. 

Je travaille en ce moment sur une nouvelle, Le Guetteur (pour l’instant), dont j’avais parlé dans l’article du 6 août. Elle a atteint tranquillement les onze mille mots et elle est loin d’être terminée. Je prends beaucoup de plaisir à dérouler le fil du journal, en essayant d’y inclure de nombreux éléments scientifiques plausibles. Après un démarrage plutôt factuel, j’essaie à présent d’humaniser le narrateur au fur et à mesure de la progression de l’intrigue.

Et puis, malgré un avis en demi-teinte sur ma dernière lecture, j’ai décidé de persévérer avec Alastair Reynolds. Je me suis pris L’Arche de la Rédemption (le tome 3 de la saga des Inhibiteurs) et il va sagement aller attendre son tour après le tome 5 de la Roue du Temps. 

Un bon pavé de 800 pages


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