Bilan, fin de course et la reconnexion.

 5 octobre

Je suis passé par plusieurs phases dans ma vie. 

Les jeux vidéo, évidemment. Sans jamais avoir été un expert ou un « pro gamer », j’ai enchaîné les heures sur certains jeux compétitifs sur lesquels j’ai sûrement fini par atteindre un niveau correct. Je suis tombé dans le jeu vidéo en 1995, donc relativement tardivement, avec l’arrivée de mon premier PC à la maison. Star Wars : Rebel Assault 2, mais surtout XCOM UFO : Defense ont été mes premiers émois vidéoludiques.

La musique aussi. Découvrant par hasard que sur le piano-jouet à huit touches de mon petit frère, je pouvais reproduire la mélodie de Master & Servant, ça a ouvert une porte qui ne s’est jamais refermée. Le synthé d’abord, en autodidacte, passant des journées entières à essayer de reproduire les mélodies enchevêtrées des premiers albums de Depeche Mode, puis la guitare à l’orée des années quatre-vingt-dix. Un groupe pendant quelques années au sein duquel j’ai commencé à composer et écrire tout un tas de chansons, sûrement médiocres, mais qui nous amusaient tellement. Même l’armée m’a recruté en tant que musicien durant mon service national. Aujourd’hui, j’officie depuis près de vingt ans comme maître de chœur à l’école, m’accompagnant à la guitare. Je bricole toujours des compositions grâce au bond technologique qui nous permet de virtuellement jouer de n’importe quels instruments derrière un clavier-maître et un ordinateur. Finalement, ça n’a jamais été une phase.

La peinture de figurine ensuite. Les vitrines alléchantes des Games Workshop m’ont toujours attiré et il faudra attendre mes quarante ans pour qu’un ami me mette le pied à l’étrier. Vite arrivé à un plafond de verre, j’ai quand même continué pour l’aspect délassant de l’activité. Mais j’ai réduit la voilure, car c’est un véritable gouffre financier et je finissais par peindre des figurines qui s’accumulaient dans des cartons, invisibles.

Directement en lien avec cette activité, après une expérience déroutante au lycée (en 1991 environ), j’ai aussi mis le pied dans le jeu de rôle. Surtout en tant que maître de jeu, mais aussi en tant que joueur. Cette phase-ci, après une campagne D&D de deux ans, se poursuit encore en tant que joueur. Difficile de savoir combien elle durera.

Et avec un tout petit pas de côté, on arrive sur le jeu de plateau. Toujours friands de mécaniques de jeu, de petits jetons en bois et autres plateaux doubles couches, je suis aussi tombé dans cette activité, d’abord avec mon fils, puis ma compagne, avec qui nous partageons une passion pour les jeux longs et complexes. Là aussi, un passe-temps coûteux.

Alors, quand j’ai décidé, il y a quatre ans, de me lancer dans l’écriture d’un roman, je ne savais pas que je mettais le pied dans une autre activité qui allait phagocyter presque toutes les autres. Bien sûr, rien n’est publié, tout reste, comme pour les autres activités, largement cantonné à une sphère sociale assez restreinte, mais l’envie, parfois le besoin même, existe. Après avoir terminé Le Phare, je me voyais tout simplement continuer sur sa suite. Mais l’envie de m’essayer à d’autres exercices, de tenter, par la multiplication des approches, de travailler certains points plus en profondeur, m’a progressivement ouvert à un plaisir lié à l’acte d’écrire plus saillant, plus sensible. Aujourd’hui, je ne conçois plus la vie sans l’écriture. Le jeu vidéo et la peinture se sont par conséquent un peu fait remiser au placard. Je me rends compte qu’il me faudrait une vie de rentier pour pouvoir assouvir toutes mes passions, alors les choix s’imposent d’eux-mêmes.

Demeurent au milieu de tout ça, deux constantes : la musique depuis presque quarante ans et la course à pied, qui a pris sa place dans ma vie, il y a plus de vingt ans.

Dégradé vu de la passerelle.

7 octobre

Ça y est, j’y suis. Dernière sortie ce matin avant le semi-marathon de dimanche. Quarante minutes, dont seulement vingt passées à courir. Pas de gêne ou de douleur, ni à la cheville ni au genou. Reste la question de tenir vingt et un kilomètres. Comme chaque fois, je n’ai pas refait cette distance depuis l’année précédente. Je vais mettre toutes les chances de mon côté, me restreindre côté nourriture cette semaine, me reposer, me préparer une jolie playlist pour m’accompagner et je verrai bien ce qui se passera.


Après un mois et demi de coupure, la fibre est enfin revenue ! Quatre visites de techniciens, des remplacements de câbles souterrains à n’en plus finir, une box 4G à se taper la tête dans les murs, une box 5G+ qui nous a un peu sauvé la mise, une véritable leçon de patience.

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