L'entêtement, le rythme changeant et la négative
28 juillet
Sûrement encore un mail qui restera longtemps sans réponse. La machine envoyée à Bifrost dans l’espoir d’être publiée. On écrit souvent par vanité, mais aussi pour être lu. Alors on y croit, autant par espoir que par désespoir. Ça ne changera rien à la fin, je continuerai à écrire mes histoires, dans mon coin s’il le faut. Leur conception, les poussées d’adrénaline que ça provoque, le soulagement, la satisfaction quand on arrive à certains passages clés, rien que pour ça, ça vaut le coup d’écrire.
Ça, c’est la France qu’on aime :
Celle, toute orange, tirant sur le rouge, de l’amorce de la quatrième vague de chaleur, canicule, appelez ça comme vous voulez (même si ces choses-là correspondent à des définitions bien précises, mais au point où on en est…). La canicule de trop, selon moi, c’était déjà la première. Je vous laisse imaginer mon état d’esprit à l’approche de celle-ci.
30 juillet
Un signe de l’âge qui ne trompe pas, c’est la place de plus en plus présente de ce moment que je méprisais autrefois : la sieste. Plus jeune, il m’arrivait d’y succomber suite à une nuit trop courte, mais ça se cantonnait à des moments très rares et épars. Et puis, avec les années, la course à pied qui me mettait dans le mal dès midi, treize heures, le besoin de s’allonger, quinze, vingt minutes, s’est petit à petit imposé. D’abord les mercredi et samedi, après une course à pied plus épuisante que d’habitude, puis systématiquement. Pourquoi pas le dimanche aussi ? Et depuis un an ou deux, ce rythme s’est imposé tous les jours où je ne travaille pas. Si je regarde sur les quatre dernières semaines (oui, je note ça aussi), je n’y ai pas succombé uniquement cinq jours, dont deux occupés par le trajet aller et retour des vacances.
Au départ, c’était simplement allongé sur le canapé, avec la télé en fond, mais les problèmes de dos que j’ai connu au printemps m’ont fait abandonner cette mauvaise habitude — encore un stigmate de l’âge. À présent, je m’allonge sur le lit et je mets un chrono de vingt-cinq ou trente minutes, pour ne pas partir trop longtemps.
Alors que je n’en finis pas d’étirer Être & Pouvoir (je pensais en faire une nouvelle de cinq mille mots, elle approche les dix mille à présent), j’ai commencé à poser les bases de la suivante. Depuis que j’ai « inventé » les Brantoniens, j’ai envie de raconter leur histoire, par petites touches, ou simplement les utiliser à la place des humains comme un miroir tendu à notre monde en péril.
Un refus d’éditeur reçu hier pour Le Phare. Là où ça pourrait décourager, il s’agit vraiment d’un souci de ligne éditoriale. L’éditeur visé cherchait des histoires optimistes et évoquant des futurs désirables. Je dois bien admettre que c’est rarement le cas de mes écrits, qui présentent plutôt l’humanité sous son mauvais jour. Mais le commentaire était malgré tout encourageant quant à la qualité intrinsèque du roman. Il ne faut pas perdre espoir.
31 juillet
La Saga des Inhibiteurs, dont je parlais ici, est en train de me perdre petit à petit. Comme quoi, il ne faut jamais juger une œuvre avant de l’avoir terminée. Après un démarrage en trombe et prometteur, le soufflet retombe de page en page. J’espère juste qu’il ne souffrira pas du syndrome Peter F. Hamilton, auteur contemporain de science-fiction dont j’ai lu deux de ses principales sagas (L’étoile de Pandore et La Trilogie du Vide), car, si ce sont des livres que j’ai globalement appréciés rétrospectivement, la lecture en a été pourtant fastidieuse par moment. La faute à un format trop long, à mon goût. Les meilleures histoires ne sont pas toujours les plus longues ; celles qui s’étendent sur six cents, sept cents pages ne sont pas toujours les meilleures, à moins que celles-ci servent le propos par d’autres moyens que simplement des péripéties.
Et là, si le style d’Alastair Reynolds reste toujours fluide et agréable, ça fait bien cent ou deux pages qu’il ne raconte plus rien. Les personnages se construisent au ralenti, il ne leur arrive plus vraiment grand-chose, je n’ai qu’une envie, c’est que ça avance. J’espère sincèrement réviser mon jugement à la fin, sinon le sentiment de gâchis sera encore plus fort.




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